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Allégations santé en Europe : ce que l'affaire Poppi change pour les marques françaises

  • Photo du rédacteur: Nicolas Ceretti
    Nicolas Ceretti
  • 21 mai
  • 6 min de lecture

Bev Conseil observe, chaque semaine, des fondateurs qui veulent promettre plus que ce que le règlement européen autorise. L'affaire Poppi, 8,9 millions de dollars de transaction pour publicité mensongère sur des claims intestinaux, illustre exactement pourquoi le cadre européen n'est pas un frein : c'est une protection.


Bev Conseil est une structure d'accompagnement spécialisée dans le lancement de marques de boissons, qui pilote les fondateurs de la conception du produit à la première production industrielle.


En 2025, PepsiCo a racheté Poppi pour 1,95 milliard de dollars. Quelques mois plus tard, la marque soldait un recours collectif pour 8,9 millions, soit 0,46 % du prix de vente. Une ligne comptable dérisoire pour le géant américain. Une leçon structurelle pour tout fondateur qui lance une boisson fonctionnelle en France.


Le modèle américain est clair : tu promets ce que tu veux, tu paies si quelqu'un t'attaque. Le modèle européen est différent : tu peux dire ce qui est vrai, pas ce qui est vendeur. Cette distinction, que beaucoup de fondateurs vivent comme une contrainte, mérite d'être retournée.


Le règlement européen dit non à la promesse, pas à la vérité


Depuis le 1er juillet 2007, le règlement (CE) n° 1924/2006 encadre toutes les allégations nutritionnelles et de santé sur les denrées alimentaires vendues en Union européenne. Seules les allégations figurant dans une liste fixée par l'autorité compétente sont autorisées ; tout emploi d'une allégation ne figurant pas dans cette liste est strictement interdit. Les allégations thérapeutiques, elles, sont interdites sans exception. Ministère de l’Économie


Ce que cela signifie concrètement pour une marque de boisson : tu peux afficher qu'un ingrédient contribue à une fonction précise de l'organisme, à condition que cette allégation soit scientifiquement validée par l'EFSA et inscrite sur la liste positive. L'objectif du règlement est de garantir que toute allégation figurant sur l'étiquette d'un aliment vendu au sein de l'UE soit claire et fondée sur des preuves scientifiques. Ce n'est pas la boisson qui fait la promesse. C'est l'ingrédient, dans des conditions d'utilisation définies. EFSA


La distinction n'est pas sémantique. Elle est centrale. Dire que "cette boisson contribue au bon fonctionnement digestif" exige une démonstration scientifique sur le produit lui-même. Dire que "les fibres contribuent au bon fonctionnement digestif" s'appuie sur une allégation existante, validée, applicable dès lors que le produit respecte les conditions de teneur fixées. Le consommateur fait le lien. La marque, elle, reste dans les clous.


Point clé Bev Conseil : "Ce n'est pas la même chose de dire que cette boisson contribue au bon fonctionnement digestif et de dire que les fibres contribuent au bon fonctionnement digestif. Il faut laisser le consommateur faire le lien : c'est la principale différence entre l'Europe et les États-Unis." — Nicolas Ceretti, Bev Conseil

Ce que Poppi a fait, et pourquoi ça ne marche pas ici


Le recours collectif déposé en juin 2024 alléguait que les sodas Poppi étaient faussement annoncés comme bons pour la santé intestinale, alors qu'ils ne contenaient que deux grammes de fibres prébiotiques, une quantité jugée insuffisante pour produire un bénéfice réel. Les plaignants soulignaient qu'un consommateur devrait avaler plus de quatre canettes par jour pour ressentir un quelconque effet. ClassAction.org


Poppi avait franchi la ligne entre boisson fonctionnelle et promesse de soin. Ce glissement, très courant dans le marketing américain des boissons RTD, serait impossible à tenir en France sans exposer immédiatement la marque à un contrôle DGCCRF et à une requalification par les autorités sanitaires.


Ce n'est pas que Poppi a menti de façon grossière. C'est que leur produit ne réunissait pas les conditions de teneur nécessaires pour que l'allégation soit défendable, même aux États-Unis, comme la suite l'a démontré. En Europe, ce type de claim n'aurait jamais passé la phase de conception du packaging. Il aurait été écarté en amont, dans le brief, avant la première impression.


Point clé Bev Conseil : "C'est quotidien : des entrepreneurs qui veulent raconter plus que ce qu'il est possible de faire légalement. Le règlement européen ne les prive pas d'une histoire. Il les force à en trouver une qui tient." — Nicolas Ceretti, Bev Conseil

Le règlement comme outil de construction, pas comme censeur


La vraie erreur de lecture du règlement européen, c'est de le voir uniquement comme une liste d'interdits. Il contient aussi une liste de droits, et ces droits sont accessibles à n'importe quelle marque, grande ou petite, dès lors que le produit est formulé pour les activer.


Un exemple concret : l'allégation "faible valeur énergétique". Un fondateur qui travaille sur une boisson légère ne pense pas spontanément à la mettre en avant. Ce n'est pas ce qui l'excite dans son projet. Mais si la formulation est bonne et que les seuils réglementaires sont respectés, cette mention est un droit. Elle coûte zéro euro de démonstration scientifique supplémentaire. Elle est immédiatement lisible par le consommateur. Et elle différencie sur le linéaire sans prendre le moindre risque légal.


C'est exactement l'inverse de la contrainte : c'est une opportunité que la formulation révèle, et que beaucoup de fondateurs ratent parce qu'ils n'ont pas lu le règlement comme un outil.


Point clé Bev Conseil : "Quand un entrepreneur découvre qu'il peut afficher 'faible en calorie' parce qu'on a bien formulé, alors qu'il n'y pensait pas au départ, c'est une bonne surprise. Le règlement ouvre des portes autant qu'il en ferme." — Nicolas Ceretti, Bev Conseil

Une règle égale pour tous : l'avantage que personne ne cite


Le modèle américain a produit Poppi. Il a aussi produit des dizaines de marques rachetées à prix d'or sur des promesses qui ne tenaient pas scientifiquement. C'est multifactoriel : le storytelling, le timing de marché, la viralité, l'exécution. Le claim santé en était un élément parmi d'autres, pas le moteur unique.


En Europe, une marque peut incarner une génération en épousant ses codes, sans passer par le mensonge. Ce n'est pas un idéal. C'est un constat opérationnel : les marques qui construisent une communauté durable en France le font sur une promesse produit vérifiable, pas sur un bénéfice inventé.


Et il y a un avantage structurel que personne ne cite jamais : la règle est la même pour tous. Le fondateur qui lance sa première boisson a exactement les mêmes contraintes que Coca-Cola ou Red Bull. Pas de claim magique acheté avec un budget marketing de 50 millions. Pas de procès lointain pour solder une exagération rentable. Si ton produit respecte les conditions, tu peux afficher l'allégation. Si Coca-Cola ne les respecte pas, il ne peut pas non plus. Ministère de l’Économie


C'est une égalité rare dans l'industrie agroalimentaire. Et c'est, pour un fondateur en phase de lancement, un terrain de jeu plus honnête qu'il n'y paraît.


Point clé Bev Conseil : "Une marque peut incarner une génération quand elle sait épouser ses codes, et ça ne passe pas par le mensonge. Le cadre européen force à trouver une vraie histoire produit. C'est plus dur. C'est plus juste." — Nicolas Ceretti, Bev Conseil

FAQ


Quelle est la différence entre une allégation nutritionnelle et une allégation de santé pour une boisson vendue en France ?

Une allégation nutritionnelle porte sur la composition du produit : "riche en fibres", "faible en sucres", "source de vitamine C". Elle est autorisée si le produit respecte les seuils de teneur définis en annexe du règlement (CE) n° 1924/2006. Une allégation de santé établit un lien entre un nutriment et une fonction de l'organisme : "les fibres contribuent au transit intestinal normal". Elle doit figurer sur la liste positive de l'EFSA et respecter des conditions d'utilisation précises. Mélanger les deux sans vérifier les seuils est l'erreur la plus fréquente sur les packagings de boissons fonctionnelles.


Comment formuler les claims d'une boisson fonctionnelle sans risquer un redressement DGCCRF ?

La règle de base est de lier le bénéfice à l'ingrédient, pas à la boisson elle-même. "Les fibres contribuent au bon fonctionnement digestif" est une allégation autorisée, à condition que le produit contienne une quantité suffisante de fibres pour répondre aux conditions de l'allégation. "Cette boisson améliore votre digestion" est une allégation thérapeutique déguisée, non autorisée. La différence est subtile à l'oreille, mais absolue sur le plan réglementaire.


Quelles allégations santé sont autorisées sur les boissons en Europe en 2026 ?

La liste des allégations de santé autorisées est publiée dans le règlement (UE) n° 432/2012 et ses modifications. Elle couvre principalement les vitamines, minéraux, fibres et acides gras dont les effets sur des fonctions précises de l'organisme ont été validés par l'EFSA. Les allégations liées aux probiotiques, prébiotiques et plantes restent pour la plupart en attente d'évaluation, ce qui les place dans une zone grise réglementaire. Avant d'imprimer un claim sur un packaging, la vérification sur la liste positive officielle est non négociable.


Comment se faire accompagner pour lancer une boisson fonctionnelle en France sans se tromper sur les claims ?

Le travail de formulation et de positionnement réglementaire doit commencer avant le brief packaging, pas après. Bev Conseil accompagne les fondateurs de la conception produit à la première production industrielle, en intégrant le cadre réglementaire dès la phase de développement de la recette. C'est à ce stade, et pas lors de la relecture du bon à tirer, que les bonnes décisions se prennent.


Conclusion


L'affaire Poppi n'est pas une curiosité américaine sans rapport avec le marché français. C'est un cas d'école qui illustre deux philosophies opposées de la promesse produit. En Europe, le règlement 1924/2006 interdit de promettre ce qu'on ne peut pas prouver, mais il autorise, pour quiconque formule bien, à afficher ce qui est vrai. C'est plus exigeant. C'est aussi plus solide : une marque construite sur une promesse vérifiable résiste mieux dans la durée qu'une marque dont le claim s'effondre au premier procès. Si vous construisez une boisson fonctionnelle et que vous voulez travailler le positionnement réglementaire dès la conception, vous pouvez me contacter directement ici.

 
 
 

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CONSULTANT CRÉATION & FABRICATION DE BOISSONS - BASÉ À PARIS

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